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HOMOSEXUALITÉS ET SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE
Chroniques, chantiers et pistes de pionniers
Mise à jour : 23 mai 2009.
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Documents et textes rédigés à partir d'observations, d'actions ou d'interventions militantes ou professionnelles auprès des personnes ou des organisations homosexuelles, des institutions et des services publics, à Montréal et au Québec. Documents inédits ou dont la diffusion fut restreinte: versions intégrales de textes incomplets publiés, rapports internes ou de recherches, mémoires, matériel de formation, articles, témoignages, etc.
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TEXTES INÉDITS OU PUBLIÉS EN 2009


André Faivre Blogue de Christiane Charette de Radio-Canada 23 mai 2009 (texte complet)
L'HOMOPHOBIE À L'ÉCOLE
21 mai 2009 : Une jeune maison d’édition québécoise, fondée il y a un an, vient de lancer un premier ouvrage: Sortir de l’ombre. Le journaliste Denis-Martin Chabot, l’éditeur Réjean Roy et Gengis Grenier discutent de cette difficile sortie du placard des homosexuels. Nos invités témoignent de l’homophobie qui régne encore dans notre société, puisqu’ils en ont été victimes. Gengis Grenier raconte avoir été victime d’une agression dans sa région d’origine, la Côte-Nord. C’est à ce moment qu’il a décidé de déménager à Montréal. Il souligne l’inaction des commissions scolaires du Québec en matière d’homophobie.


Bravo pour votre action et votre témoignage !

Je crois cependant que ce phénomène que l'on nomme, d'un point de vue homocentré, « homophobie » à l'école est le symptôme tragique d'un beaucoup plus grave, plus profond et plus sournois : celui du mal-être croissant des garçons au Québec, depuis une vingtaine d'années.

Ces comportements « homophobes » sont une des tentatives d'intégration des garçons, incapables de se sentir bien face à leur masculinité, coincés dans les messages normatifs contradictoires et souvent malsains d'une société qui est devenue apparemment androphobe (dans les milieux de l'éducation, en tout cas, à partir même de la garderie).

C'est aussi la résultante d'une société hétérosexiste, qui amalgame masculinité et hétérosexualité, presque obsédée par le sexe et qui catapulte les jeunes dans l'âge dit adulte sans aucun respect pour les étapes naturelles et nécessaires de leur enfance et -- surtout ! -- de leur préadolescence (12-14 ans).

J'ajouterai que les milieux gais ont aussi fait l'erreur fondamentale de ne s'intéresser qu'à l'homosexualité des garçons homosexuels (ce que j'appelle l'homocentrisme) sans se préoccuper d'eux comme des garçons d'abord. Être un garçon homosexuel c'est en effet d'abord être un garçon... ce qui est déjà difficile au Québec.

On ne peut « éduquer » des garçons à l'homosexualité (la leur ou celle de leur camarades) en faisant l'économie de l'éducation à la masculinité (c'est quoi être un garçon ?) pas plus qu'on ne peut véritablement éduquer des garçons sans hommes (éducateurs masculins) et sans hommes ouvertement gais (dans les écoles). Et il est à mon avis irréaliste et irresponsable de demander à l'École de se débrouiller toute seule avec ce problème de société, sans stopper le laisser-faire et le laisser-dire général, surtout dans les média (principalement la télévision, le cinéma et le Web) auxquels les jeunes ont accès.


Suggestion de lecture

De vrais gars. Sauvons nos fils des mythes de la masculinité.
William Pollack, Ph. D.,Éditions AdA Inc.
La condition masculine des hommes et des garçons

PS : La situation des filles n'est certes pas meilleure : elles vivent dans les mêmes écoles et dans la même société que les garçons,
mais elle est différente et je la connais et la comprends moins bien. Je préfère donc m'abstenir d'en parler.




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