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Mis en ligne : 27/10/2008 Mis à jour : 3/03/2009 Texte : précédent | Texte suivant |
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Scènes de Village, été 2008 André Faivre | 9 août 2008 |
Le Village |
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Scènes de Village
Huit tableaux impressionnistes, point de vue du 1351, Ste-Catherine, Est
Un grand ado se promène avec son chum du même âge. Sa sœur d'environ 14 ans, la plus petite au bras. Papa marche en
avant, son petit frère de 11 ans par la main. Conversations complices et espiègles des deux sœurs au sujet du couple
des garçons; le petit frère épanoui, entre papa et son grand frère, dévore tout du regard.
Une belle famille ! Deux ados amoureux et des enfants qui grandissent avec une simple mais combien précieuse humanité. ¤ Dites-moi, dans quel autre quartier de cette ville peut-on s'offrir un bain de foule, au soleil, la couche à l'air, en poussant sa marchette ? ¤ Dites-moi, dans quelle autre ville de ce pays quatre policiers prendront 30 minutes bien patientes pour faire bouger un vagabond hystérique ? ¤ Dites-moi, dans quel autre village de cette planète… ? ¤ Quand les archets finissent par s'arrêter, le garçon se lève, illuminé d'un grand sourire, et leur tend une main chaleureuse. La première poignée de main offerte de toute leur journée. Trois garçons que tout sépare et distingue se donnent la main par la musique. L'homme se lève alors, dépose un billet dans l'étui du violon puis prend un des CD et le tend au garçon : c'est pour toi. -- Pour moi ? -- Oui, pour toi. -- Tu me le donnes, à moi ? -- Oui, oui, il est à toi. Une incrédulité qui fait mal à voir : on ne fait pas de cadeau à ce genre de garçons, on les achète plutôt. Les heures et les gens passent. Un homme est toujours là, captivé lui aussi par les instruments et leurs mélodies de brumes celtiques et de cathédrales. Il ose, il s'approche du violoniste et lui confie l'ébranlement de son âme : confidences du quinquagénaire mélomane, empathie attentive du garçon musicien. Les gens et les minutes passent. L'homme s'éloignera plus tard, les yeux pleins d'eau, après avoir glissé discrètement quelques billets dans la main qui tenait toujours l'archet. Question : qui touche le coeur ? La musique, l'instrument ou l'artiste ? ¤ Liberté d'être et de paraître dans la foule. ¤ Une belle impression. Impressionnante même ! ¤ Les copains d'Europe, au café, aiment, surpris : mais vous faites comment ? ¤ Faut absolument remettre ça l'an prochain. Pas pour les profits mais pour le cadeau qu'on se fait. Pour les ados amoureux, le butinement des fauteuils motorisés, les garçons de macadam et toutes ces générations de gars et de filles qui viennent se rafraichir, s'abreuver dans l'eau de cette foule montréalaise. Que ça devienne une tradition, notre tradition. On ferme la rue, le Village est ouvert !
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